M'Auteurs Rencontre d'auteurs

Trio d’auteurs

Médiation Cécile EL MEHDI

Sevin Sahin
“La fille de la Colline”
Éditions Philippe Rey

Sibel, qui s’était pourtant juré de ne jamais avoir de fils, est aujourd’hui mère d’un jeune garçon de deux ans. Or, depuis que l’enfant est plongé dans le coma, elle reste à son chevet, se relayant furtivement avec son mari, qu’elle ne fait plus que croiser depuis quelques années. Dès lors, angoissée par la possibilité de le perdre, elle trouve un soutien précieux auprès d’Elsa, infirmière à l’accent ensoleillé, ainsi qu’auprès du docteur Beausert, qui, peu à peu, ne la laisse pas indifférente…
Pendant que Sibel veille, les souvenirs ressurgissent. D’une part, ceux de son enfance en Turquie, sur la colline Pomme, près d’Ankara, au sein de la communauté alévie, marquée par des traditions qui ne laissaient aucun avenir aux femmes en dehors du mariage.
D’autre part, ceux de la période qui a suivi son arrivée en France : une vie nocturne rythmée par les clubs, la musique électro, l’ecstasy et des relations sans lendemain, où elle fut parfois dealeuse occasionnelle.
Cependant, si elle a désormais mis un terme à cette existence d’excès, Sibel cherche encore à donner un sens à son identité fragmentée, convaincue que cette quête est indissociable du combat pour sauver son fils…

 

Ramsès Kefi
“Quatre jours sans ma mère”
Éditions Philippe Rey

Un soir, Amani, soixante-sept ans, femme de ménage à la retraite dans une cité HLM paisible en bordure de forêt, s’en va. Pas de dispute, pas se cris, pas de valise non plus. Juste une casserole de pâtes piquantes laissée sur la cuisinière et un mot griffonné à la hâte : « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. » Son mari Hédi, ancien maçon bougon, chancelle. Son fils Salmane s’effondre. À trente-six ans, il vit encore chez ses parents, travaille dans un fast-food, fuit l’amour et gaspille ses nuits sur un parking avec son meilleur ami, Archie, et d’autres copains cabossés.
Père et fils tentent de comprendre ce qui a poussé le pilier de leur famille à disparaître. Alors que Hédi réagit vivement, réaménage l’appartement, enlève son alliance, Salmane met tout en œuvre pour retrouver sa mère. Son enquête commence avec de maigres indices – une lettre, un chat tigré, une clé rouillée –, et remue un nombre incalculable de regrets. Il pressent que ce départ est lié à l’histoire de ses parents, orphelins émigrés de Tunisie. Il devine aussi que l’événement va tous les transformer, surtout lui, Salmane, qui voit enfin advenir son passage à l’âge adulte.

 

Nassera Tamer
“Allô la Place”
Éditions Verdier

“Longtemps l’arabe s’allie pour moi à l’amer. Je l’ai rejeté de tout mon corps et il me revient par vagues. Je ne l’ai jamais vraiment perdu et j’ai du mal à penser qu’on puisse perdre une langue. Je vis dans la langue de mes parents comme elle vit en moi.”
Cette « langue-chimère » avec laquelle la narratrice essaie de renouer, c’est le darija, l’arabe marocain. Séparée de ses parents, par une mer et un empêchement existentiel, elle trouve des subterfuges : elle traîne dans les taxiphones parisiens pour l’entendre, y prête attention dans la rue ou les transports en commun, prend des cours à l’Institut du monde arabe, et surtout, forme un tandem linguistique, par écrans interposés, avec Mer, qui vit au Maroc.
De Paris au Havre, de Casablanca à Toronto, des fils affectifs et culturels se tissent, se défont puis se refont. Les taxiphones bruissent de ces histoires qu’on se raconte à distance.

 

Quand ?

Où ?

Le Cellier

4 bis rue de Mars, Reims