M'Auteurs Rencontre

Trio d’auteurs avec…

Velibor Čolić, Aliona Gloukhova, Shumona Sinha

Médiation Cécile El Mehdi

 

Velibor Čolić – “Le livre des départs”

C’est sans doute la guerre qui a fait de Velibor Čolić, né en 1964 en Bosnie, dans une ville qui aujourd’hui n’existe plus, un écrivain à part entière. Enrôlé de force dans l’Armée bosniaque aux pires moments de la guerre, il est témoin des abominations commises dans les tranchées et les villages « ethniquement purifiés ». Réfugié en France, il s’attache à combattre, par la littérature, le désarroi extrême de ceux qui ont vu abolir toute humanité en l’homme. Lui qui, lors de son tout premier cours de français, avait inscrit « Goncourt » dans la case « projet de vie », rend dans ces récits un formidable hommage à la langue française. Il est auteur de plusieurs ouvrages en serbo-croates jusqu’à 1994, traduits en français par Mireille Robin. Depuis 2008, Velibor Čolić décide d’écrire ses romans directement en français et publie aux éditions Gaïa Archanges, dans lequel il fait œuvre de mémoire en évoquant les atrocités perpétrées durant la guerre en Bosnie. Il publie par la suite Jésus et Tito, en 2010. En 2010 et 2011, il participe à une résidence d’écrivain à l’initiative de Lecture en Tête qui l’avait invité deux ans plus tôt lors du Festival du Premier roman de Laval. Il y écrit Sarajevo omnibus, son troisième roman en français, paru en 2012 aux éditions Gallimard.

Il a reçu en 2014 Le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises (pour l’ensemble de son œuvre).

Le livre des départs

Éditions Gallimard, février 2020

Je suis un migrant, un chien mille fois blessé qui sait explorer une ville. Je sors et je fais des cercles autour de mon immeuble. Je renifle les bars et les restaurants.
Velibor Čolić, à travers le récit de son propre exil, nous fait partager le sentiment de déréliction des migrants, et l’errance sans espoir de ceux qui ne trouveront jamais vraiment leur demeure. Il évoque avec ironie ses rapports avec les institutions, les administrations, les psychiatres, les écrivains, et bien sûr avec les femmes qui tiennent une grande place ici bien qu’elles aient plus souvent été source de désir ardent et frustré que de bonheur. Son récit est aussi un hommage à la langue française, à la fois déchirant et plein de fantaisie.

 

Aliona Gloukhova “De l’autre côté de la peau”

Née à Minsk en Biélorussie en 1984, Aliona Gloukhova a suivi des études d’Arts visuels à l’Université de Saint-Pétersbourg avant de travailler comme traductrice, journaliste, enseignante et organisatrice culturelle. En 2015, elle obtient un Master de création littéraire à l’Université Paris-8 Saint-Denis. Les faits qui ont inspiré Dans l’eau je suis chez moi font l’objet d’un documentaire réalisé par Etitza Gueorguieva.

De l’autre côté de la peau  

Éditions Verticales, février 2020

Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer Ana à Saint-Pétersbourg. Elle avance dans une rue glaciale, sa peau est retournée, mais le froid passe à côté, parce que toute son attention est à l’intérieur. Ana cherche à comprendre Gor, Ana veut devenir Gor.
La narratrice de ce roman, enquêtant sur un poète russe méconnu, Guennadi Gor – auteur du recueil Blocus lors du siège de Leningrad –, s’aperçoit qu’Ana, une étudiante portugaise qui s’était passionnée dix ans auparavant pour le même poète, a disparu aux confins de la Biélorussie, non sans laisser à son tour des carnets intimes. Revenant sur les pas de ces écrits successifs, elle s’imprègne peu à peu de leurs destins, où résonne plus d’un demi-siècle d’histoire européenne, pour tracer sa propre ligne de fuite.

 

Shumona Sinha “Le testament russe”

Shumona Sinha est une auteure franco-indienne vivant en France. Elle obtient le prix du meilleur jeune poète du Bengale en 1990, avant de s’installer à Paris en 2001. Elle a quitté l’Inde grâce à un recrutement local organisé par l’ambassade de France, pour partir enseigner l’anglais dans des collèges de l’Hexagone. Diplômée d’un Master 2 en lettres modernes de la Sorbonne, elle a publié plusieurs anthologies de poésie française et bengalie en collaboration avec son ex-mari, l’écrivain Lionel Ray. Elle publie en 2008 son premier roman aux éditions de la Différence : Fenêtre sur l’abîme. Assommons les pauvres !, son second roman, est publié en 2011 aux Éditions de L’Olivier. Très remarqué par la critique, il est lauréat du Prix Eugène Dabit du roman populiste 2011 et du Prix Valery-Larbaud 2012, le Internationaler Literaturpreis HKW (2016), prix récompensant un ouvrage traduit pour la première fois en allemand. Il est adapté en scène par les théâtres en Allemagne et en Autriche. Calcutta, son troisième roman, publié en 2014 aux Éditions de L’Olivier, est lauréat du Grand Prix du Roman de la Société des gens de lettres et le Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises de l’Académie française (2014). Elle publie en 2017 son quatrième roman Apatride, aux Éditions de L’Olivier, qui sera dans la sélection de plusieurs prix littéraires. Les trois derniers romans de Shumona Sinha sont traduits dans plusieurs langues, font l’objet d’étude universitaire en France, en Allemagne, aux USA.

Le testament russe

Éditions Gallimard, mars 2020

Cette jeune femme d’un pays si lointain où les vaches sont plus précieuses que les femmes fait trembler ma nuit, fissurer le sol sous mes pieds et je ne sais pas si c’est de la peur ou de la joie que j’éprouve en la voyant soulever la pierre tombale.
À Calcutta, dans les années 1980, Tania, une jeune Bengalie, détestée par sa mère et mise à l’écart par les adolescents de son âge, trouve refuge dans les livres. Elle se prend de passion pour le destin tumultueux d’un éditeur russe, fondateur des Éditions Raduga, dont la fermeture a été ordonnée en 1930. Elle retrouve la trace de sa fille Adel, octogénaire, dans une maison de retraite à Saint-Pétersbourg et décide de lui écrire.

Avec sensibilité et une poésie évocatrice, Le testament russe propose une traversée du XXe siècle en suivant ces deux femmes passionnées, chacune ayant lutté contre une forme d’oppression : celle d’une dictature sans pitié dans une Russie qui bannissait les livres et s’acharnait contre les poètes ; celle de la famille et de la tradition étouffante en Inde. Shumona Sinha, fascinée par la littérature russe, fait revivre dans ce roman les milieux littéraires des années 1920-1930. En rappelant les liens culturels et politiques entre le Bengale-Occidental et l’Union soviétique, elle offre aussi une réflexion sur la puissance de la langue maternelle et le désir pour une langue étrangère.

 

 

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